operation : orfeo hotel pro forma Opéra visuel en trois mouvements... Crescendo : mystérieux, fantasmatique, hypnotique. Operation : Orfeo fait partie de ces oeuvres totales, auxquelles rien ne fait défaut, car c’est la force du parti pris qui appelle, rassemble et agence les matériaux artistiques. La forme semble découler naturellement du fond. Ici, la virtuosité du choeur des douze chanteurs, la majesté graphique du décor, la grâce des déplacements, le choix du répertoire (de Gluck à John Cage, en passant par Bo Holten), tout concourt à l’architecture d’une pièce inclassable, unique. Le déroulement de la pièce s’inspire du mythe d’Orphée. Inconsolable après la mort de son épouse Eurydice, Orphée décide d’aller la chercher aux Enfers. Emue par sa plainte lyrique, la reine des Enfers lui promet le retour de sa femme, mais impose une condition : qu’il marche devant la captive jusqu’à la lumière sans jamais se retourner pour la regarder. Orphée accepte, mais, en chemin, son incrédulité grandit et l’envie de vérifier la présence d’Eurydice derrière lui devient irrésistible. Le spectacle adapte audacieusement ce parcours dans les ténèbres, en débutant dans le noir complet. La voix des chanteurs envahit l’obscurité. Privée de la vue pendant un long moment, notre ouïe s’aiguise jusqu’à devenir perçante, sensible à la matière même du son, à la texture charnelle des voix. Telle une brise, tour à tour piquante et envoûtante, la musique nous fait tressaillir, ou nous enveloppe d’une douce torpeur. Et la lumière est ! Dès lors se développe un panel de tableaux vivants que composent des silhouettes couronnées, découpant l’espace et les couleurs. La succession des gammes chromatiques transfigure le climat, comme si des calques recoloraient les paysages scéniques. Il faut dire que l’équipe danoise Hotel Pro Forma n’en est pas à son galop d’essai. Internationalement connue pour sa très haute technologie et son acuité des images de plateau, elle met ici son savoir-faire au profit d’effets hallucinatoires. Cette partition optique et chorale happe, subjugue jusqu’au final, où une surprise visuelle déferle sur le public ! cat. I cat. II tarif jeunes tarifs spéciaux : abonnés ou dans le parcours noir, c’est noir ? gratuit pour les spectateurs de operation : orfeo copenhague, danemark / première en paca ensemble vocal latvian radio choir / soliste baiba berke / danseuse lisbeth sonne andersen / chef de choeur sigvards klava / conception + direction kirsten delholm / musique bo holten, john cage, christoph willibald gluck / arrangement bo holten / livret ib michael / scénographie maja ravn / conception lumière maja ravn, jesper kongshaug / costumes annette meyer / chorégrahie danse anita saij / dramaturgie claus lynge / directeur technique jesper sønderstrup / régie générale oskars plataiskalns / régie son anders jørgensen / régie lumière kasper stouenbourg / laser emagit design / assistante costumes siri vilbøl / directeur général latvian radio choir, reinis druvietis / production déléguée quaternaire, sarah ford / coordination de tournée quaternaire, aicha boutella / hotel pro forma : directeurs artistiques kirsten delholm, ralph richardt strobech / producteur bradley allen / coordination de projets sofie lebech / communication birgitte rodh coproduction århus festival week 1993, latvian national opera, latvian radio choir, le conseil des arts du danemark. hotel pro forma est subventionné par le comité des arts du spectacle du conseil des arts århus festival week 1993. Après un parcours important dans les arts
visuels, Kirsten Delholm commence dès les années 70 à s’intéresser au monde du
théâtre et de la performance et à parcourir le monde pour diriger opéras, pièces de
théâtre ou installations monumentales. Quand elle crée sa compagnie Hotel Pro
Forma en 1985, c’est pour transcender les genres : opéra, théâtre, arts visuels ou encore
concert, et pour mettre la co-naissance de l’espace et de sa scénographie au coeur de son
processus de création. Avec 32 pièces à son actif, cette compagnie en perpétuelle
gestation, "nomade", à deux têtes (Kirsten Delholm est aujourd’hui secondée dans son
rôle de directrice artistique par l’architecte Ralf Richardt Strobech) étonne encore et
toujours par sa capacité à renouveler les liens entre l’architecture, la littérature, la
science, les arts numériques et visuels ou la musique.
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